En mai 2009, un drôle de cortège traverse la ville de Châtillon-sur-Seine : sur une grande remorque, l’imposant vase de Vix goûte au soleil bourguignon sous l’œil fier des curieux rassemblés le long du parcours. En effet, le musée du pays châtillonnais déménage et le vase doit regagner son nouvel écrin où ses proportions hors normes, (1,64 mètres de hauteur pour 208 kilos et une contenance de 1000 litres), font toujours mouche auprès des visiteurs.

Ce grand vase a sa petite histoire. En 1953, des archéologues mettent à jour l’une des plus belles sépultures princières datant du premier âge du fer. Dans cette tombe repose une princesse celte morte il y a 2700 ans. A ses côtés, se trouve le plus grand vase grec en bronze de l’Antiquité, le vase de Vix. La chambre funéraire aux parois de bois renferme un char démonté et une caisse contenant le squelette d’une femme d’une trentaine d’années. La défunte, enterrée selon un rituel habituellement réservé aux hommes, a été inhumée vers 480 avant notre ère. Son corps est couvert de bijoux. Un diadème en or, assimilé à une torque, pesant 480 grammes enserre sa tête. Tout montre qu’il s’agit d’une personnalité de haut rang. De nombreux objets accompagnent sa dépouille : deux vases grecs en terre cuite, une cruche, trois bassins en bronze mais surtout un grand cratère de bronze, le plus grand jamais découvert à ce jour. La cuve est constituée d’une tôle de bronze, mise en forme au marteau. Les anses, le pied, le couvercle et le décor sont, quant à eux en bronze plein, fondu à la cire perdue. Sur la frise qui orne le col, on peut observer une série de 7 fantassins appelés hoplites alternant avec 8 chars, tous vus de profil. A la base de chaque anse en forme de volute, se trouve le torse d’une gorgone grimaçante. Représentées de face, les gorgones avaient le pouvoir de terrifier leurs ennemis d’un regard.

Nulle crainte ...sauf à rester muet devant ce vase monumental.